Pourquoi un chien peut-il se gratter et perdre ses poils ?
Lorsqu’un chien se gratte beaucoup et perd ses poils, plusieurs causes sont possibles : parasites, allergie, infection cutanée ou, dans certains cas, affection hormonale ou autre maladie dermatologique.
La perte de poils, appelée alopécie, est un signe clinique et non une maladie en elle-même. Le fait que le chien se gratte ou non constitue un indice important pour orienter les recherches, mais ne permet pas à lui seul d’établir un diagnostic.
Publié le 10 juillet 2024 · mis à jour le 29 août 2026 par André de Cernunos® .
Mon chien se gratte et perd ses poils : que faut-il retenir ?
Une perte de poils accompagnée de démangeaisons est fréquemment associée à une inflammation de la peau. Parmi les causes à rechercher figurent notamment les puces et autres parasites externes, les allergies, les infections bactériennes ou à levures et certaines affections dermatologiques.
À l’inverse, lorsqu’un chien perd ses poils sans se gratter, le vétérinaire peut également envisager des causes qui perturbent directement la croissance du poil, notamment certaines maladies hormonales.
Quand faut-il consulter un vétérinaire ?
Une consultation est particulièrement indiquée lorsque le grattage ou la perte de poils est important, persiste, récidive ou s’accompagne de lésions cutanées.
Une perte de poils progressive sans démangeaisons mérite également un examen, notamment lorsqu’elle est étendue ou symétrique, ou qu’elle s’accompagne d’autres signes comme une modification du poids, une fatigue inhabituelle, une augmentation de la soif ou des urines.
Perte de poils avec ou sans démangeaisons : quelle différence ?
Le chien se gratte beaucoup
Le grattage, le léchage ou le mordillement peuvent casser ou arracher les poils et provoquer une alopécie secondaire.
Le vétérinaire recherchera notamment des parasites, une allergie, une infection cutanée ou une autre affection prurigineuse.
Le chien perd ses poils sans se gratter
Une alopécie peu ou pas prurigineuse peut orienter vers d’autres mécanismes, notamment certaines maladies hormonales ou anomalies du cycle du poil.
L’hypothyroïdie et le syndrome de Cushing font partie des affections pouvant provoquer des modifications du pelage.
Pourquoi mon chien se gratte-t-il et perd-il ses poils ?
Puces et autres ectoparasites
Les puces peuvent provoquer des démangeaisons importantes, notamment lorsqu’une dermatite allergique aux piqûres de puces est présente.
D’autres parasites, comme certains acariens responsables de gales, peuvent également provoquer prurit, croûtes et perte de poils.
Dermatite atopique
La dermatite atopique canine est une maladie inflammatoire et prurigineuse chronique associée à une prédisposition individuelle.
Les lésions visibles sont souvent aggravées par le léchage, le grattage et des infections secondaires.
Réaction alimentaire
Une réaction indésirable à l’alimentation peut provoquer des démangeaisons parfois impossibles à distinguer cliniquement d’une dermatite atopique environnementale.
Le diagnostic nécessite généralement un véritable régime d’éviction suivi d’une réintroduction contrôlée.
Bactéries et levures
Les infections cutanées bactériennes et la prolifération de levures comme Malassezia peuvent provoquer ou amplifier les démangeaisons.
Elles sont également fréquentes comme complication secondaire d’une maladie allergique.
Dermatophytose ou teigne
Certaines infections fongiques peuvent provoquer des zones d’alopécie, des squames ou des lésions cutanées.
Leur aspect est variable : un examen vétérinaire est nécessaire pour les distinguer d’autres maladies de peau.
Hypothyroïdie ou syndrome de Cushing
Certaines maladies endocriniennes modifient la peau et le cycle de croissance du poil.
Elles provoquent plus volontiers une alopécie peu prurigineuse, parfois symétrique, bien que des infections secondaires puissent ensuite entraîner des démangeaisons.
La localisation des démangeaisons peut-elle donner un indice ?
Oui, la répartition des lésions fait partie des informations utilisées par le vétérinaire, mais elle ne permet jamais de poser un diagnostic à elle seule.
Il examinera notamment les oreilles, le visage, les pattes, les plis, les aisselles, l’aine, l’abdomen, le dos, la base de la queue et les zones où le chien se lèche régulièrement.
La présence de croûtes, rougeurs, squames, boutons, peau épaissie, hyperpigmentation, mauvaise odeur ou lésions des oreilles apporte également des informations importantes.
Comment recherche-t-on la cause d’une perte de poils et de démangeaisons ?
La démarche dépend de l’âge du chien, de son historique, de la localisation des lésions, de leur évolution et des traitements déjà essayés.
Le vétérinaire peut demander depuis quand les symptômes sont apparus, s’ils sont saisonniers, quelle alimentation reçoit le chien, quels antiparasitaires sont utilisés, si d’autres animaux sont atteints ou si des traitements ont déjà été essayés.
L’examen permet d’évaluer la répartition de l’alopécie et de rechercher rougeurs, croûtes, parasites, infections, lésions des oreilles ou autres anomalies.
Selon la situation, le vétérinaire peut effectuer une cytologie, des raclages cutanés, un examen des oreilles ou une recherche de dermatophytes.
Les ectoparasites et infections secondaires peuvent eux-mêmes entretenir le prurit et doivent être pris en charge lorsqu’ils sont présents.
Un régime d’éviction, un bilan sanguin, des examens endocriniens ou d’autres tests peuvent être proposés selon les hypothèses restantes.
Quels tests le vétérinaire peut-il proposer ?
Cytologie cutanée
Elle permet d’examiner les cellules et micro-organismes présents sur la peau et peut notamment aider à identifier une infection bactérienne ou une prolifération de levures.
Raclages cutanés
Ils peuvent être utilisés pour rechercher certains acariens responsables de maladies parasitaires.
Recherche de dermatophytes
Une culture, un examen microscopique ou d’autres techniques peuvent être utilisés lorsqu’une dermatophytose est suspectée.
Analyses sanguines
Elles ne sont pas systématiques pour tout problème cutané, mais peuvent devenir utiles lorsque les symptômes suggèrent une maladie générale ou hormonale.
Comment savoir si l’alimentation est responsable des démangeaisons ?
L’aspect de la peau ne permet généralement pas de distinguer de façon fiable une réaction alimentaire d’une dermatite atopique liée à des allergènes environnementaux.
Lorsqu’une réaction alimentaire est suspectée, la méthode de référence est le régime d’éviction.
Le vétérinaire peut proposer un aliment vétérinaire hydrolysé ou utilisant une protéine réellement nouvelle pour le chien, selon son historique alimentaire.
Pendant l’essai, tout aliment extérieur peut fausser le résultat : friandises, restes de table, produits à mâcher aromatisés et certains médicaments ou compléments appétents doivent être signalés au vétérinaire.
Les recommandations vétérinaires prévoient généralement plusieurs semaines de régime d’éviction. Les recommandations AAHA indiquent une période pouvant aller de 4 à 12 semaines selon le cas.
Si le chien s’améliore, une provocation alimentaire permet de vérifier si les démangeaisons réapparaissent. Cette étape est importante pour confirmer correctement le diagnostic.
Si une protéine particulière a ensuite été identifiée comme problématique avec votre vétérinaire, vous pouvez également lire notre guide consacré au chien allergique au poulet et aux friandises sans poulet . Ce guide ne remplace toutefois pas le régime d’éviction nécessaire au diagnostic.
Lorsque des troubles digestifs sont présents en plus du prurit, notre article sur les signes d’un estomac sensible chez le chien permet également de mieux différencier les principaux symptômes digestifs.
Les tests d’allergie permettent-ils de savoir pourquoi le chien se gratte ?
Pas directement.
La dermatite atopique est avant tout diagnostiquée grâce à l’histoire clinique, à l’aspect et à la localisation des symptômes et à l’exclusion des autres causes de démangeaisons.
Les tests intradermiques ou sérologiques peuvent ensuite être utilisés chez certains chiens afin d’identifier des allergènes environnementaux pertinents, notamment lorsqu’une immunothérapie spécifique est envisagée.
Comment traiter un chien qui se gratte et perd ses poils ?
Il n’existe pas un traitement unique, car le traitement dépend de la cause identifiée.
Parasites
Une prise en charge antiparasitaire adaptée peut être mise en place lorsqu’une infestation ou une allergie aux piqûres de puces est suspectée.
Infection
Les infections bactériennes ou à levures sont traitées selon leur nature, leur étendue et les résultats de l’examen vétérinaire.
Allergie
Les maladies allergiques nécessitent souvent une prise en charge à long terme associant contrôle des facteurs déclenchants, traitement du prurit et prise en charge des infections secondaires.
Maladie hormonale
Lorsque la perte de poils est liée à une affection endocrinienne, c’est le traitement de la maladie sous-jacente qui permet progressivement d’améliorer l’état de la peau et du pelage.
Peut-on éviter les démangeaisons et la perte de poils ?
Toutes les causes d’alopécie ou de prurit ne sont pas évitables.
Une protection antiparasitaire adaptée au chien et à son mode de vie, une surveillance régulière de la peau et des oreilles et une consultation lorsque les lésions persistent peuvent toutefois contribuer à limiter certaines complications.
Chez un chien souffrant d’une maladie allergique chronique, le respect du plan établi avec le vétérinaire et la prise en charge rapide des poussées peuvent également réduire l’intensité des récidives.
Les poils de mon chien vont-ils repousser ?
Dans de nombreux cas, le pelage peut repousser une fois la cause identifiée et correctement prise en charge.
Le délai dépend toutefois de la maladie, de la durée du problème, de l’état des follicules pileux et de la réponse du chien au traitement.
Certaines maladies chroniques, hormonales ou cicatricielles peuvent nécessiter une prise en charge prolongée ou entraîner une repousse plus lente ou incomplète.
FAQ : chien qui se gratte et perd ses poils
Pourquoi mon chien se gratte-t-il et perd-il ses poils ?
Les causes possibles comprennent notamment les puces et autres parasites, les allergies, les infections cutanées bactériennes ou à levures et certaines maladies dermatologiques. Le diagnostic dépend de l’examen du chien et parfois de tests complémentaires.
Mon chien perd ses poils par plaques : est-ce grave ?
Pas nécessairement, mais une alopécie par plaques mérite d’être examinée lorsqu’elle persiste, s’étend ou s’accompagne de démangeaisons, rougeurs, croûtes ou autres lésions. Plusieurs maladies différentes peuvent provoquer un aspect similaire.
Les puces peuvent-elles faire perdre les poils d’un chien ?
Oui. Les piqûres peuvent provoquer des démangeaisons et certains chiens développent une dermatite allergique aux piqûres de puces. Le grattage et le mordillement répétés peuvent alors entraîner une perte de poils et des lésions cutanées.
Une allergie alimentaire peut-elle provoquer une perte de poils ?
Oui, indirectement. Une réaction alimentaire peut provoquer des démangeaisons importantes ; le chien se gratte, se mordille ou se lèche et peut ainsi perdre des poils. Des infections secondaires peuvent également aggraver les lésions.
Comment savoir si mon chien est allergique à son alimentation ?
Le diagnostic repose généralement sur un régime d’éviction strict pendant plusieurs semaines, suivi d’une réintroduction de l’ancienne alimentation afin d’observer si les symptômes réapparaissent. Un simple changement de nourriture ne suffit pas à confirmer une allergie alimentaire.
Pourquoi mon chien perd-il ses poils sans se gratter ?
Certaines maladies peuvent perturber directement la croissance du poil sans provoquer initialement de démangeaisons importantes. L’hypothyroïdie, le syndrome de Cushing et d’autres troubles folliculaires ou hormonaux font partie des possibilités que le vétérinaire peut envisager selon le tableau clinique.
Le stress peut-il faire perdre ses poils à un chien ?
Le stress ou certains troubles comportementaux peuvent favoriser un léchage ou un mordillement répété chez certains chiens, mais il est important d’exclure d’abord les causes dermatologiques ou médicales avant de conclure à une origine comportementale.
Les tests sanguins peuvent-ils diagnostiquer une allergie alimentaire ?
Les tests disponibles ne sont pas considérés comme suffisamment fiables pour remplacer le régime d’éviction et la provocation alimentaire. Ces derniers restent la méthode de référence pour confirmer une réaction alimentaire cutanée.
Combien de temps faut-il pour que les poils repoussent ?
Il n’existe pas de durée universelle. La repousse dépend de la cause, de la gravité des lésions, de leur ancienneté et de l’efficacité du traitement de la maladie sous-jacente.
Quand consulter pour un chien qui se gratte ?
Une consultation est recommandée lorsque le prurit est intense, persistant ou récidivant, lorsque le chien se blesse en se grattant ou lorsqu’apparaissent une perte de poils importante, des rougeurs, croûtes, mauvaises odeurs, écoulements ou une modification de l’état général.
Alimentation, sensibilité et santé du chien
Vous pouvez également consulter le plan du site Cernunos® pour retrouver l’ensemble de nos guides, collections et ressources.
Sources vétérinaires utilisées
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Les informations médicales ont été recoupées avec des recommandations et ressources vétérinaires de référence.
-
American Animal Hospital Association — 2023 AAHA Management of Allergic Skin Diseases in Dogs and Cats Guidelines
Démarche diagnostique des maladies allergiques, recherche des parasites et infections secondaires et principes du régime d’éviction. -
Merck Veterinary Manual — Atopic Dermatitis in Dogs
Diagnostic de la dermatite atopique, diagnostics différentiels et rôle des tests allergologiques. -
Merck Veterinary Manual — Cutaneous Food Allergy in Animals
Régime d’éviction, provocation alimentaire et limites des tests d’allergie alimentaire. -
Merck Veterinary Manual — Hypothyroidism in Animals
Modifications dermatologiques et alopécie pouvant accompagner l’hypothyroïdie canine. -
Merck Veterinary Manual — Cushing Syndrome in Animals
Manifestations dermatologiques possibles de l’hyperadrénocorticisme.
Sources consultées lors de la mise à jour du 29 août 2026.
Identifier la cause avant de chercher à masquer les démangeaisons
Une perte de poils associée à un grattage important peut avoir des origines très différentes. Lorsque les symptômes persistent ou s’aggravent, l’examen vétérinaire reste le meilleur moyen d’identifier la cause et de choisir une prise en charge adaptée.
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